La Guérinière, un coin de paradis

Nichés dans un coin de verdure de la jolie campagne houthémoise, deux chambres d'hôtes et un dortoir permettent un repos salutaire aux visiteurs de passage.

HOUTHEM

A LA DISPOSITION du public depuis le 1er juillet 2000, La Guérinière possède une infrastructure touristique complète : 2 chambres, un dortoir, une cuisine, un living et une salle de sports.

Autrement dit, un lieu de villégiature agréable renforcé par la charmante compagnie des propriétaires des lieux, Marnix Wittouck et Marilyn Dieryck, tous deux originaires d'Houthem.

Quand on demande à la responsable ce qui l’a motivé, la réponse coule de source : « En fait, c'est un projet qui me tenait à cœur depuis longtemps. J'aime le contact et la diversité des rencontres ; cela permet de tisser des liens. Aussi quand nous avons acheté ce qui était à l'époque une ferme équestre, mon mari a souhaité transformer le hangar pour y installer une salle de badminton. Ensuite, avec le reste du corps de logis, il allait de soi que nous aménagerions des chambres d'hôtes. »

Le fan de Lance Armstrong

Très vite, le cadre agréable, la convivialité et la qualité du service ont amené des visiteurs d'horizons divers : « Certains logent pour une nuitée, parce qu'ils sont dans la région pour un mariage ou une communion. D'autres viennent pour affaires, en vacances ou pour des raisons précises, tel cet Américain de Washington qui, pour fêter ses 60 ans, refaisait à vélo certaines étapes du Tour de France, parce qu'il est fan de Lance Armstrong. Il y aussi les amateurs de cimetières militaires, même s'il faut avouer que les Anglais préfèrent Ypres.

Une année, nous avons accueilli des pilotes du Rallye d'Ypres. La maison de la culture nous envoie des comédiens, des musiciens ou des chanteurs, tel Jean-Luc Lahaye. Nous avons aussi une clientèle d'ouvriers travaillant sur un chantier: des Hollandais pour construire les serres de Decock ou, tout récemment, une équipe de Butgenbach venue aménager la nouvelle agence CBC de Comines. »

Et puis, il y d'autres types de touristes : « Nous faisons le plein lors de la braderie de Lille, les week-ends d'Ascension et de Pentecôte. Décembre est aussi un mois privilégié! On y accueille des personnes venues faire des achats en prévision des fêtes : bières, pralines, chocolats, etc. Emplettes accomplies, ils passent la nuit chez nous, visitent un peu et reprennent la route.

Un autre « fournisseur » de cette clientèle est le magasin Deconinck de Wameton, qui attire des acheteurs de la France entière ! Ainsi, dernièrement, avons-nous eu un hôte de la région d'Albi venu acheter du matériel de pêche ! »

L'importance de la convivialité

Les activités des hôtes sont en fonction des raisons de leur présence : « S'ils viennent pour affaires, en soirée, ils profitent du calme pour se reposer.

Quand ce sont des vacanciers, ils visitent la région ou partent en balade à vélo, ce qui constitue une tendance du moment Nous disposons également de vélos à louer. Ce n'est pas pour rien que nous accueillons beaucoup de Hollandais et de Flamands ! Ils peuvent aussi disposer de notre salle de badminton. »

Sans oublier la convivialité des échanges : « Souvent, nos hôtes viennent simplement pour se reposer. Ils apprécient la tranquillité de la Campagne. Comme notre logement est contigu, il arrive que nous nous joignions à eux. Dans une société déshumanisée, les contacts humains se révèlent un bien précieux. Cet argument est en grande partie à la base du succès des chambres d'hôtes. Dans un hôtel, cette convivialité n'existe pas. »

On est si souvent oublié !

Après 4 ans de pratique, Marylin Dieryck est à même de faire un bilan nuancé : « Je suis heureuse dans mon métier. Il y a une telle richesse dans les contacts. Pour preuve, notre fils Robin partira sous peu au Canada dans une famille venue loger chez nous !

Seul aspect négatif : se faire connaître quand on habite le bout de la Wallonie! On est si souvent oublié dans les catalogues et prospectus. Je dois sans cesse téléphoner afin de rappeler qu'on existe ! Or, sans annonce, sans publicité, point de clients ! Pour pallier ce manque, nous avons créé un site internet afin de toucher directement le client potentiel. Vivons d'espoir ! »


Du poisson au petit-déjeuner !

Ce qui distingue le gîte rural de la chambre d'hôtes, c'est le petit-déjeuner, fourni avec la nuitée ! De prime abord, ce repas paraît facile à préparer, mais la diversité culturelle est telle que Marilyn Dieryck est passée maîtresse es petits déjeuners. Elle en é nourri une réflexion sociologique : « En fait, vous avez essentiellement deux types de petit-déjeuner : le français, frugal avec un morceau de baguette, fromage ou confiture et l'anglais, véritable repas, avec viande froide, charcuterie, œufs, etc. Résultat : je dois m'adapter, car, surtout pour un séjour de quelques jours, les hôtes sont heureux de retrouver leurs habitudes alimentaires.

Et puis, il y a les impondérables, telles ces deux Thaïlandaises venues à Comines pour le Centre de beauté de Nadine Salembier. Pour le souper, je leur avais préparé un plat de poissons. Or, elles me disent que c'est ce qu'elles mangent habituellement le matin ! Donc, le lendemain, je le leur ai servi au petit-déjeuner, ce qui répandit une odeur des plus appétissantes dans la maison ! »

En pratique

© - Le Courrier - Marie-France PHILIPPO 10/07/2004