Les maladies infectieuses.

par Bob Fenner

     
 Dans le passé, les moyens de capture, de détention et de transport étant moins développés et moins efficaces que maintenant, les maladies infectieuses faisaient des ravages dans l'aquariophilie marine.  Des bacs entiers, des magasins mêmes étaient dévastés par l'apparition soudaine et l'invasion de mycoses parasites ou de la maladie du point blanc, les pertes étaient énormes et se produisaient sur quelques jours.

Oh, que les temps ont changé.  Faux.  Quoique les stocks de poissons ou d'invertébrés puissent être plus vigoureux et exempts de maladie à leur arrivée chez nous, les mêmes problèmes restent quand même d'actualité.  Tous les appareillages modernes, les nourritures appropriées et la maintenance ne serviront à rien si on laisse  la porte ouverte aux ravageurs pour entrer dans nos systèmes.

Au risque de me répéter, les maladies infectieuses sont le mieux contrôlées par la prévention.  L'acquisition d'animaux sains et leur passage par une période d'acclimatation appropriée comportant une quarantaine y étant pour beaucoup.  Grâce à leur petite taille et leurs us respiratoires et autres, les  animaux parasites (et algues) sont éliminés facilement par des bains de traitement.

Dès l'apparition d'une infection, recherchez les causes environnementales et partant, les solutions.  Si nécessaire et en dernier lieu, déménagez les malades vers un bac de quarantaine pour les séparer des autres et les traiter.

Virus.

Les infections virales sont causées par des particules qui selon certaines définitions, sont inertes(sans vie).  Les organismes viraux ne peuvent métaboliquement, fonctionner et se reproduire que comme parasites, utilisant la machinerie cellulaire de leurs hôtes. 

Lymphocystis, est une maladie virale dont les effets ressemblent à un morceau de chou-fleur grisâtre se retrouvant typiquement à la base des nageoires des poissons.  Son origine, sa guérison spontanée sont quelque peu mystérieuses.  Elle peut apparaître même dans les bacs à l'entretien méticuleusement réalisé.  Lymphocystis est rarement un problème dommageable ou fatal.  Dans la plupart des cas, elle se guérit et on s'en rend compte par la disparition des symptômes présents durant un mois ou deux déjà.  Certains auteurs suggèrent d'employer des traitements chimiques ou des nettoyeurs biologiques, ils vont même jusqu'à conseiller d'enlever les morceaux à la main en grattant la base des nageoires avec les doigts; l'usage d'un antiviral comme "acyclovir" est envisagé.  Je suggère d'isoler le ou les poissons infectés et attendre l'auto guérison.

Bactéries.

Ce sont des organismes unicellulaires microscopiques qui se retrouvent dans tous les environnements vivants.  On compte des milliers d'espèces classées sur base de leur structure, alimentation, locomotion et autres encore.  La plupart ne sont pas infectieuses, quelques unes sont même absolument nécessaires.  Les problèmes rencontrés avec les bactéries sont plus souvent une affaire de "pollution biologique qu'une infection proprement dite.  Laissez-moi vous expliquer.  Dans un environnement artificiel comme votre système marin, peu ou pas de coup de main de la nature comme cela se fait dans l'océan.  Les organismes filtrants, les prédateurs, la dilution des polluants éventuels par le courant empêchent les "explosions" de la population bactérienne comme cela arrive dans les aquariums.  Il arrive même parfois que la concentration de ces unicellulaires est d'une amplitude plusieurs fois plus grand que dans la nature.

La difficulté en captivité se retrouve dans le fait que l'oxygène et les minéraux, entre autres, absorbés par ces créatures dotées d'un rythme de reproduction élevé, couplé avec les poisons du métabolisme donne comme résultat une résistance affaiblie de l'organisme de vos poissons et invertébrés aux bactéries ou autres agents présents dans le système.  D'où l'hypothèse qu'une sous-population et une alimentation appropriée allant de pair avec une maintenance efficace peut prévenir les problèmes dus aux bactéries.  Une infection bactérienne peut être localisée ou apparentes à plusieurs endroits d'un organisme.  Les infections de l'espèce sont apparemment trouvées dans ou autour des plaies ouvertes ou n'importe quel endroit du corps ayant perdu son film protecteur.

Toutes les infections bactériennes de vie marine captive sont virtuellement "secondaires";elles sont le résultat d'une pauvre qualité d'eau, d'agressions physiques ou d'organismes parasites.  Recherchez quelle est la qualité de l'eau, vous y trouverez souvent la vraie cause.

L'usage de nourriture aux antibiotiques ou d'antibiotiques purs ne devrait se pratiquer dans le traitement des infections bactériennes qu'en conjonction  avec de fréquents changements d'eau.  Un aquarium mal entretenu peut réduire à néant les efforts d'éradication de l'infection.  Vous aurez peut-être à essayer divers types d'antibiotiques avant de trouver le bon, cela est dû à l'existence de tellement d'espèces de bactéries.  Assurez-vous d'effectuer de grands changements d'eau entre les différents traitements éventuels.  Un bon charbon actif, Chemipure(parmi d'autres produits chimiques filtrants) évacueront les médicaments de l'eau et ne devraient pas être utilisés lors de traitements au risque de les rendre inopérants.  Les infections bactériennes internes sont identifiées par leurs symptômes : gonflement, difficulté à rester sur le fond, fèces blanchâtres qui surnagent ou sont traînées par le poisson, absence totale d'excréments(blocage).

Fongus.

Ces organismes simples proches des végétaux viennent seulement d'acquérir une certaine notoriété dans leur rôle dans l'environnement marin.  Comme les bactéries, ils sont pour la plupart bénins maisd'une importance réelle dans l'environnement océanique à cause de leur rôle dans la décomposition des organismes morts.  En aquarium, leur action est similaire à celle des bactéries, ils sont des agents infectieux.

Les maladies fungiques sont rares, la plupart sont confondus avec des problèmes dus à des bactéries ou alors s'il s'agit de vrais attaques fungiques, elles sont la suite d'un état post-mortem, p.e, un poisson mort depuis longtemps et recouvert de moisissure.  La plus grande partie des aléas dues au fongus peuvent être facilement évités grâce à la prophylaxie et les méthodes de non-contamination que vous avez pu lire ici.

Si vous constatez une vraie maladie de l'espèce, vous remarquerez qu'elle s'élargira uniformément en partant d'un point de départ central.  Plusieurs zones peuvent grandir de points différents et donner l'apparence d'une infection bactérienne.  Fongus est blanc avec une apparence veloutée, parfois velue.  On le décèle le plus souvent aux alentours de la bouche, des yeux ou aux extrémités des nageoires.

Le traitement consiste en : changements d'eau, aliments aux médicaments et sulfamides. Vous pourrez trouver d'autres auteurs préconisant l'usage de médicaments topiques(malachite, à base de mercure, teintures); ils sont pratiquement sans valeur.  Une fois une attaque fongique détectée à la surface d'un poisson, le champignon aura pénétré le corps assez profondément pour que ces médicaments restent impuissants.

En conclusion,

La prise de précautions suffisantes ayant été prises, l'émergence de maladies infectieuse ne se présentera dans la plupart des cas que lorsque vos poissons auront subi un stress dû aux pauvres conditions environnementales; stress lui-même couplé avec un état physique déficient du ou des malades.  Les maladies pathogènes sont  présentes à l'état latent dans les systèmes marins mais leur virulence est neutralisée(endormie) par des pratiques d'entretien et d'alimentation de bonne qualité.