| Mon expérience(petite) en eau de mer. | |||||
| par C. H. J. | |||||
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Cela va bientôt faire six ans que je me suis mis à l'eau de mer. J'avais auparavant devant moi plus de 25 années d'eau douce. Je dois dire que je ne regrette pas, tous comptes faits, d'avoir franchi le pas. Je n'épiloguerai pas dans cet article totalement indépendant des idées de Bob Fenner (mais vous lirez que dans le fond, avant même de le connaître, j'ai appliqué presque tout l'ensemble de ses théories et je, pardon mon aquarium, n'en a pas pâti) sur la cherté de l'aquariophilie marine comparée à l'eau douce. Je disais donc en débutant qu'en mai prochain(2001), cela fera six ans que je possède un bac d'eau de mer. Le grand principe à observer : faire preuve de patience et laisser la nature faire son oeuvre comme dans tout d'ailleurs. Encore maintenant et j'en suis convaincu, à l'avenir sans qu'il ne se trouve une ou des raisons que cela cesse, mon aquarium d'eau de mer, enfin, le biotope qu'il contient(quelle merveille que de pouvoir reconstituer une infime, que dis-je, millésime partie d'un océan, dans un bac de verre, chez soi) ne cessera d'évoluer. En bien, je l'espère. En mal, je n'y crois pas, sauf passagèrement, à condition d'appliquer un second principe dont parle tous les auteurs que j'ai lus : Avoir l'oeil, encore et toujours. "Ca c'est vrai ça", comme aurait dit la mère Denis qui faisait la pub pour des machines à laver sur la défunte ORTF. Vous ne pouvez-pas savoir à quel point ceci est judicieux. Tenez au moment auquel je vous écris, je viens encore d'en faire l'expérience. En bref : il se fait que je fais un grand entretien avec changement d'eau toutes les fins/entames du mois que j'arrondis selon le cas au samedi précédent ou suivant pour facilité. Comme le dernier avait été fait le 01 décembre 2000 et que le 01 janvier n'est vraiment pas un jour sauf si on est à cheval sur ses principes, j'ai avancé à ce 30 décembre. J'avais hier comme d'habitude "eu l'oeil"! Tout était Ok. Cet après-midi, c'est sans surprise (car il est coutumier du fait, ceci expliquant peut-être ma vigilance, en fait, non) que j'ai découvert que la prise d'air du venturi de mon écumeur de protéines avait à nouveau décidé de prendre un bain et était totalement immergée dans l'eau de mon filtre bio. Immersion dit donc : plus de prise d'air mais une prise d'eau, donc venturi, nada. Rien de grave donc. Mais compte tenu que l'écumeur est le rein du système, si je n'avais pas remarqué le fait durant plus d'un jour, je crois(estimation car je n'en ai, heureusement, jamais fait l'expérience) que j'aurai eu des problèmes bientôt. J'ai redressé la pipe et tout est rentré dans l'ordre; faudra que la recolle un jour en position verticale au lieu d'employer des élastiques. Ce ne sera pas facile car pour enlever l'écumeur du filtre, faut que je sorte le filtre car il est encastré dans une cavité sous l'aquarium qui lui-même se trouve sur la cheminée. Il n'y a pas d'autre moyen, les écarts se chiffrant en centimètres et l'écumeur ne peut être soulevé, il faut sortir le tout. Donc, ici encore, raison de plus pour "avoir l'oeil". Avoir l'oeil, rien de plus simple, cela se résume dans mon cas quotidiennement :
préparer la petite collation matinale de mes pensionnaires (dégel), vérifier la température de l'eau (important, vous verrez pourquoi après)
Et en allant me coucher, je reprends au début et je me dis que je suis bien heureux que tu ailles bien... pour l'instant du moins. Disons que sur six ans, ce fut à 99,9 % des jours, comme cela. Voilà pour "l'entretien" quotidien. Pas sorcier. Deux fois par semaine : (le mercredi et le samedi) :
A la demande, souvent lorsque je rajoute de l'eau(de pluie) compensant l'évaporation : Rajout de Calcium et compte tenu que la dureté carbonatée chute avec régularité, j'ajoute du "tampon" à mon eau de remplissage. Toujours rien de bien sorcier. Et cela marche, tous(je touche du bois car il suffit d'en parler et boum...) se portent comme un charme. Il est vrai que si je remarque une ventouse décollée, une pierre tombée, un escargot piégé, j'interviens; je ne considère pas cela comme de l'entretien mais bien comme faisant partie du tout. Il est vrai que tout le monde n'a pas la chance d'avoir de l'eau de pluie presque pure à domicile et c'est dommage. Tous les mois : (là cela devient plus sérieux)
Voilà, je me répète, rien de bien sorcier. D'ailleurs pratiquer un hobby, n'est-ce pas y participer? Avoir un aquarium et se borner à le regarder bêtement, très peu pour moi, je dirais presque que les problèmes(mineurs, Seigneur, mineurs svp) sont les bienvenus. Le raclage des vitres, cela va de soi, se fait lorsque je me rends compte qu'un film d'algues se dépose sur celles-ci. Conseil : si vous employez un racloir à lame ou à lames (vous saisissez, je crois), après l'usage bien nettoyer la ou les lame(s) pour en prolonger l'usage. Chez moi, la première paire de lames a tenu le coup six semaines sans séchage(rouille, surtout en eau de mer). J'en suis toujours à la seconde après quatre ans, pas mal hein? Si vous employez un frottoir avec un tissu genre éponge de récurage d'ustensiles de cuisine, vous assurez que rien ne se trouve coincé entre cet outil et le verre. Le moindre grain de sable, fut-il microscopique, risque de laisser des rayures indélibiles dans le verre car gravées ce qui nuira gravement à l'esthétique; incrustation d'algues dans les rayures, affaiblissement du verre. Si vous avez quand même ramassé un grain, pas de panique, sortez votre racloir le plus rapidement possible et en rasant le fond et les coins pour si vous faites des rayures, les dissimuler au mieux. Rincez le en le passant sous l'eau du robinet et en le brossant avec une brosse à dents usagée, rien de tel. Surveillez aussi votre résistance de chauffage; pourquoi? Eh bien pas tellement pour détecter un isolement de l'enroulement du filament chauffant ci qui arrêtant le chauffage dirige votre température vers le bas ce qui sera moins grave que d'aller en sens contraire(vers le haut). Cet aléa étant dû (de moins en moins, je le concède mais quand même) aux deux contacts restant collés accidentellement, vieillesse, défaut du métal, que sais-je. Votre température montera et alors gare car vos coraux vont mourir passé les 31°C! Paradoxalement, originaires d'eaux dites tropicales(chaudes toutes proportions gardées) vos poissons et invertébrés souffriront plus du trop de chaleur que du manque temporaire. C'est ce qui se passe à l'heure actuelle chez moi; pour avoir 25°C j'ai dû mettre l'indicateur sur 20°C, cela prouve que quelque part mon élément de chauffage est devenu défectueux et que je vais devoir le remplacer dans les jours prochains. Ces trucs sont irréparables par l'amateur et puis au prix qu'ils coûtent cela n'est pas grave. Autre chose :durant l'été, l'éclairage et les pompes (4 de brassage, une venturi de l'écumeur et la pompe de retour) font que la température de l'eau monte inexorablement. Cela s'est révélé le problème le plus ardu que j'aie eu à résoudre, pas que je n'eusse la solution mais encore a-t-il fallu que je trouve le remède miniaturisé; je m'explique.
Je l'ai habillé d'un encadrement de bois avec un socle et l'ai coincé dans l'ouverture du couvercle pour qu'il souffle bien sur les tubes. Extra. En plein été, si l'eau atteint 28°C, c'est beaucoup. Il y a moyen d'expérimenter avec une minuterie; c'est ce que je fais. Il se met en route une demi-heure après l'allumage des tubes et marche une heure. Il se repose une heure et repart pour une heure et ainsi de suite jusqu'à 21h30 (extinction des feux). Excellent, c'est un truc que je vous conseille, autrement moins onéreux qu'un système de refroidissement, plus facile à installer et moins cher à l'usage. De toutes façons, chez moi l'installation de quoi que ce soit comme tuyauterie est radicalement impossible. A ce sujet, vous faites ce que vous en voulez mais je n'utilise pas d'osmoseur pour faire mon eau, j'emploie de l'eau de pluie de ma citerne que je filtre biologiquement dans un bac séparé avant de l'utiliser pour compenser l'évaporation. Cela s'est fait depuis le début et tout va bien, pourquoi donc changer la méthode(gratuite au demeurant) et "gadgétiser"? J'ai la chance d'habiter une maison disposant d'une citerne d'eau de pluie, cela aide en effet. Idem pour :
Tous ces gadgets, il faut bien les nommer par leur nom, sont d'une utilité certaine(et encore) mais à réserver aux plus nantis, aux plus négligents et aux moins bricoleurs. Si vous êtes de ceux là et que vous pouvez vous permettre l'achat de ces appareillages, allez-y mais ce sera comme dans les voitures modernes : au plus sophistiquées, au plus facile à tomber en panne et au plus difficiles et au plus chères à réparer. Je me passe de tout cela et mon bac ne s'en porte pas plus mal. N'oublions pas non plus le côté pédagogique de l'affaire, c'est comme en informatique : qui de vous connaît encore l'usage du DOS(Disk Operating System, qui fait tourner votre PC dans l'arrière-scène) sinon son existence? Il paraît même que dans Windows millenium, il n'y en a plus. En bref, vous utilisez quelque chose et vous ne savez pas comment cela marche et comment cela sert, ouais, il y a du pour et du contre. Moi je suis curieux de nature et je dois savoir à quoi cela sert tout en sachant comment cela marche. Les lampes sont à remplacer tous les six mois(conseils du constructeur). Je le fais tous les ans et mon aquarium ne s'en porte pas plus mal; ici aussi il faut voir et se dire que l'argent épargné pourra servir à quelque chose d'autre, plus utile peut-être ou plus urgent alors. Maladies des poissons : Ici, je ne suis pas vétérinaire ni grand spécialiste, je laisse cela à d'autres dont c'est le métier ou le passe-temps. J'ai eu trois fois à faire avec "Ichtyiophtirius multifilis". Le point blanc, allez. En eau de mer, c'est pas de la tarte. L'idéal est d'avoir un bac de quarantaine, d'accord, j'en ai un que j'utilise épisodiquement. Mais faut être rapide que c'en est pas possible, pour savoir attraper un poisson dans un bac d'eau de mer avec des pierres et des coraux. Je ne vous dis pas pour "attraper des poissons". J'ai eu des pertes mais j'en ai retiré quelques enseignements tels que :
La troisième fois, je me suis laissé séduire par les conseils de mon fournisseur agissant de bonne fois certaine. Il m'a recommandé AQUAMEDIC®. Lorsque j'ai eu l'emballage en main je lui ai fait remarquer qu'il s'agissait d'un produit pour "EAU DOUCE". Il m'a rétorqué, sûr de lui et avec probablement des expériences en la matière, qu'il n'y aurait pas de problème même en l'insérant dans le bac dans lequel se trouvaient mes invertébrés. J'ai fait comme il a dit et en me basant sur la mesure approximative du volume d'eau. Faut croire que mon appréciation était encore trop optimiste et que j'ai dû dépasser la dose indiquée. Toujours est-il que j'ai perdu deux coraux dans la quinzaine et que, cela se passant en début d'année, ce n'est que maintenant que mon bac retrouve, à mon opinion, toute sa splendeur bien équilibrée. Probablement et sûrement même qu'il pensait que j'étais à même de mesurer exactement le volume d'eau. Ce n'était pas le cas et ce ne sera jamais à mon avis dans la plupart des cas, l'option à retenir, le volume variant au gré des introductions et des retraits et les doses citées étant à respecter très étroitement. Vous verrez si vous utilisez NEOSAL® que comme prévu par le fabricant, vos coraux pourront se contracter un peu. Pas de problème, au bout de quelques heures, ils seront rouverts et il en ira de même les jours suivants. Auxiliaires indispensable pour vous faciliter la vie : Contrairement à ce qui se passe en douce, l'aquariophilie marine met à votre disposition des auxiliaires vivants qui sont de véritables bijoux d'efficacité. Je ne vais pas m'étendre longtemps là-dessus mais sachez que les escargots marins qui vous sont proposés en vente, sont d'infatigables travailleurs, un seul exemplaire de taille moyenne vous nettoiera une pierre(plus de 100 cm²)sur une nuit. Oui, ce sont des travailleurs nocturnes. Leurs collègues, les petits Bernard l'ermite, sont tout aussi efficients mais eux travaillent à ce que j'ai pu voir, 24h sur 24h. Tout bac récifal devrait aussi contenir des poissons herbivores comme certains Chirurgiens. Ces trois mangeurs d'algues se complètent admirablement, chaque espèce se nourrissant de différentes algues ou alors des mêmes à des stades de développement différents. ILS SONT TOUT SIMPLEMENT MERVEILLEUX. Rien de comparable n'existe en eau douce sauf peut-être OTOCINCLUS, comme le préconise Bob Fenner. Un système d'eau de mer, ce n'est pas compliqué, du moins je le crois et et à condition de méditer la vertu cardinale bien imagée par le dicton : "Patience et longueur de temps font plus que rage et colère".
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