Poissons chirurgiens, famille des Acanthuridés.

Contrôle et équilibre naturels des algues marines.

© David Bell


Le genre Zebrasoma Le genre Ctenochaetus    

Une partie de nos "focalisations sur les espèces" est confirmée par nos plus grandes conscience et appréciation du monde terrestre plutôt que du monde aquatique.  Chacun s'émerveille à la vue des magnifiques séquoias des Etats Unis : "regardez-moi toute cette fixation de carbone!" s'exclameront certains.  Il y a un monde de différence cependant entre de telles "récoltes sur pied(de carbone)" et "la productivité primaire" existant sur les récifs du monde marin.  Imaginez d'enlever nonante pour cent de la vie des deux environnements et revenir un an après pour en mesurer la régénération.  Sans surprise les nouveaux séquoias en pleine croissance en seraient à peine à la sortie du berceau tandis que les récifs sembleraient à peine différents d'avant leur dépouillement.  Telle est la productivité étonnante de ces environnements aquatiques appelés les systèmes récifaux.

Vu du côté négatif, nous les aquariophiles sommes évidemment  au courant de la propension qu'ont les systèmes récifaux à favoriser les  "pelouses" d'algues envahissant très et trop rapidement nos systèmes.  Mais au cours de plongées sur les récifs, il est rare de constater de tels problèmes d'algues.  Est-ce vraiment la présence de trop de phosphates et de nitrates dans un biotope trop étroit qui peut expliquer une telle prodigalité verte dans les aquariums marins?  Ou suffirait-il d'implémenter des écumeurs de protéines plus grands et plus performants?  Eh bien, la ou les cause(s) basales des ennuis d'algues peuvent résider là mais il est avéré que les environnements sauvages possèdent  beaucoup plus de contrôle et de possibilités d'équilibre grâce aux alliés naturels que sont les "mangeurs d'algues".  Des expériences réalisées sur des récifs dans le monde sauvage ont démontré l'importance des Poissons chirurgiens accomplissant leur rôle de brouteurs d'algues.  Une fois qu'un secteur rocheux de récif tropical  se retrouve privé de tous ces herbivores par un simple coup de filet, l'emplacement peut être rapidement envahi par les algues; les Acanthuridés toilettant littéralement et régulièrement le biotope jour après jour.  Une telle activité prodigieuse de ces grignoteurs d'algues est d'une énorme utilité aux aquariophiles marins, en particulier aux amateurs de systèmes dits "récifaux"; embêtés qu'ils sont par la profusion consternante de micro et de macro-algues.  Ce groupe prodigieux de mangeurs de micro et macro-algues regroupe les Poissons chirurgiens de la famille des Acanthuridés, facteur des plus primordiaux du contrôle et de l'équilibre des récifs naturels et de nos systèmes marins. 

Quel que soit le nom commun  appliqué aux membres des Acanthuridés porteurs de "scalpels" sur le pédoncule caudal : -- les Chirurgiens, les Tangs ou les Poissons médecins -- ces derniers englobent toute la gamme de convenance à la détention en aquarium.  Certains sont des spécimens exemplaires, quelques uns sont victimes des conditions de pêche et de transport et ne parvenant pas à récupérer et sont voués à une mort rapide, d'autres enfin devraient être évités vu leur taille devenant imposante à l'âge adulte (il y en a qui atteignent plus de 75 cm) et n'oublions pas pour terminer l'antagonisme certain qu'ils affichent entre eux et parfois envers d'autres.   La majorité de ces poissons (quoique établis en temps que "canons" proverbiaux) doit cependant encore être évaluée par un choix individuel rigoureux sur base de la présentation, de l'état de santé apparent et de la présence d'appétit, toutes variables qui détermineront  la mesure du succès du maintien des Acanthuridés en vie captive.

Classification et Physiologie

Les Chirurgiens font partie d'un assemblage lâche dans l'ordre le plus important des poissons, les Perciformes, dans le sous-ordre des Acanthuroidés.  ils présentent des liens de parenté avec les  Poissons-lapins de la famille des Siganidés (un membre notable en est le "Tête de renard"), les Scats de la famille des Scatophagidés, et l'Idole des Maures de la famille des  ZanclidésConsidérons les traits physiques que ces espèces  ont en commun: corps  profondément comprimés latéralement et couverts d'écailles très petites présentant l' aspect du cuir, petites bouches aux dents fines, vessies natatoires relativement grandes et prolongement des os nasaux donnant un aspect typique à la tête.  Ils tous ont une nageoire dorsale simple avec des épines et des rayons mous, des ouïes étroites, une nageoire caudale en forme de croissant, la nageoire dorsale étant longue et continue et ils ont 22 ou 23 vertèbres.  En outre, les Acanthuridés se distinguent  vraiment par leur mécanisme de verrouillage raffiné des arêtes (une cannelure enfoncée pour le premier appui des nageoires dorsale et anale) et la présence d'un ou plusieurs scalpels présents sur le pédoncule caudal (la partie du corps situé à l'avant de la nageoire caudale), d'où leur nom scientifique tiré du Grec, Acanthus, signifiant "épine".  D'une torsion de la queue ces scalpels deviennent une arme formidable si la nécessité s'en fait sentir.  Le Poisson chirurgien saura habilement les utiliser s'il se sent menacé.

L'échelle de taille des Chirurgiens varie de quelques centimètres à presque trois quarts de mètre.

Tous les chirurgiens sont principalement herbivores, s'alimentant la plupart du temps d'algues.  Une autre caractéristique bizarre est leur passage par un état larvaire transparent étrange nommée "acronurus".

Les Poissons chirurgiens aussi appelés Tangs, de  la famille des Acanthuridés, avec ses six genres et septante deux espèces, devraient vous être familiers; plusieurs membres sont employés dans les présentations des aquariums marins publics et ils servent aussi de nourriture à l'espèce humaine. Où en serait notre passe-temps sans des favoris tels que le Chirurgien jaune et toutes autres espèces de Zebrasoma, le Chirurgien bleu à queue jaune, Paracanthurus, les diverses espèces de Naso et d'Acanthurus, et les moins connus comme Ctenochaetus, sans omettre Prionurus.

Les schémas modernes de classification divisent les six genres d'Acanthuridés en deux familles secondaires (noms finissant en "inae") et trois tribus (fin en "ini").

La famille secondaire des Nasinae avec un genre, Naso (Poisson licorne) et dix-sept espèces, présente deux épines à la nageoire anale , trois rayons mous à la nageoire pelvienne et quatre rayons branchiostégaux (soutien d'ouïe).  Plusieurs ont un protubérance frontale ("corne") qui devient plus grande avec l'âge.  La famille secondaire des Acanthurinae, le reste des Poissons chirurgiens, ont trois épines à la nageoire anale, cinq rayons mous à la nageoire pelvienne et cinq rayons branchiostégaux.

De la tribu Prionurini se retrouve un genre, Prionurus et six espèces qui sont rarement offertes dans le commerce.  Les Prionurus ont trois à dix " scalpels" osseux non-rétractiles sur leur pédoncule caudal.  La tribu des Zebrasomini contient le genre Paracanthurus dont il y a une espèce, le Chirurgien bleu à queue jaune, et le genre Zebrasoma avec sept espèces.  Les genres Acanthurus et Ctenochaetus, de la tribu Acanthurini peuvent être discernés l'un de l'autre par les six espèces de "Bouche en brosse" de la famille Ctenochaetus aux dents singulièrement longues en forme de peigne.

Espèces de Poissons chirurgiens dignes d'intérêt aux aquariophiles amateurs de récifaux.

Comme d'autres groupes potentiels de poissons, tous les Chirurgiens ne sont pas appropriés à vos systèmes ou utiles en aquariophilie récifale.  Beaucoup atteignent une trop grande taille (ceux qui approchent 75 cm de longueur, par exemple), d'autres sont davantage caractérisés par leur stratégie d'alimentation ( une espèce est  carnivore!)  et plusieurs des espèces valables pour les systèmes d'amateurs ont trop souvent des taux malheureux de survie en captivité.  Vous trouverez ci-dessous les espèces, qui selon nous, sont les plus souhaitables et celles qui devraient être évitées par l'amateur de récifal, sont ajoutées aussi, quelques notes sur leur choix et leur entretien pratique.


Aptes à intéresser au premier chef les aquariophiles amateurs de bacs récifaux, tels sont les Chirurgiens-voile à grande nageoire dorsale  du genre Zebrasoma et les Chirurgiens du genre Ctenochaetus.  Ces poissons sont des superbes racleurs/éliminateurs d'algues, ils ne deviennent pas trop grands et l'expérience a prouvé qu'ils sont relativement robustes.  Cependant, le Chirurgien bleu à queue jaune monotypique de l'Océan Pacifique de la famille Paracanthurus et quelques spécimens d'Acanthurus plus petits méritent aussi la mention "bien".  Les deux autres genres et quelques autres espèces généralement employées qui devraient être évitées seront également évoqués.

 

Les membres du genre Ctenochaetus sont de superbes choix comme habitants d'aquariums récifaux. C'est un genre dont les membres sont agréablement formés, bien colorés, au comportement intéressant et... ce sont de grands mangeurs d'algues. En fait, leurs bouches sont si bien adaptées pour une telle tâche qu'ils peuvent réellement enlever les diatomées! Chacune des six espèces de Ctenochaetus réussit en captivité à condition de choisir des spécimens sains et de fournir des algues et des détritus dans un système établi, assez ancien et pas trop(quand même) propre, particulièrement bien pourvu  de pierres vivantes. Voici quelques notes intéressantes concernant les trois espèces de Ctenochaetus le plus fréquemment offertes dans le commerce:

Ctenochaetus hawaiiensis (Randall 1955), le Chirurgien d'Hawaii; comme toute espèce de Ctenochaetus celle-ci change de couleur avec l'âge mais ce poisson jeune est le juvénile le plus saisissant du genre. Les jeunes de Ctenochaetus hawaiiensis  sont extraordinaires par leur aspect global; "ramassé", le corps orangé couvert de lignes variées d'un bleu électrique. Les adultes évoluent vers une base rouge-orange plus profonde couverte de traits horizontaux inégaux bleu foncé, changeant finalement à en devenir presque noir. Cette espèce est trouvée largement autour du plateau Pacifique, mais jamais en grand nombre.  Les meilleurs spécimens viennent d'Hawaï, d'où le nom commun.  Le Ctenochaetus hawaiiensis est capturé à des profondeurs dépassant les quinze mètres.

Ctenochaetus striatus (Quoy & Gaimard 1825), le Chirurgien strié; un membre du genre dont l'aire de répartition atteint la Mer Rouge mais également trouvé dans l'Indo-Pacifique à l'Océanie et à l'Océan Indien et l'espèce de ce genre la plus fréquemment importée  en Europe.  La couleur du corps du Ctenochaetus striatus est globalement olive terne avec des lignes bleues ondulantes et la tête parsemée de petits points oranges.

 

 

 

Ctenochaetus strigosus (Bennett 1828), le Chirurgien à cercle doré, se rencontre aux environs des principales îles d'Hawaii où il est le plus souvent capturé, on le trouve également vers l'ouest et jusqu'à la côte est de l'Afrique. Le Kole, son nom commun anglophone, est une espèce d'eaux peu profondes allant quand même jusqu'à 20 mètres.

 

 

 

 


De tous les genres de Poissons chirurgiens, les sept espèces de Zebrasoma atteignent des sommets suprêmes en aquariophilie récifale et, plus généralement, d'eau de mer.   Les espèces de Zebrasoma sont toutes robustes, belles et semi-paisibles.  Ces Chirurgiens dont le corps est en forme de disque sont les plus adaptatifs de la famille, acceptant aisément toutes sortes de nourritures d'aquarium et s'adaptant tout à fait bien au volume d'aquariums relativement petits .  On les évalue tout au sommet de l'échelle en termes de résistance et d'aptitude aux traitements des affections parmi tous les Chirurgiens. En outre, ces poissons prospèrent en présence d'algues filamenteuses.

Zebrasoma desjardinii, le Chirurgien voilé et Zebrasoma veliferum, le Chirurgien à voile, vus en même temps pourraient vous faire croire que vous voyez double tellement ils sont très semblables en couleurs et dessin. Cependant Zebrasoma desjardinii est en fait un nom d'espèce inadmissible (nomen nudum) et le nom de ce Chirurgien est considéré comme synonyme de Zebrasoma veliferum (Il s'agit donc quelle que soit l'appellation usitée, du même poisson). Nous mentionnerons cette appellation à titre indicatif ici car elle se rencontre encore dans les magasins.  Cette variété arrive dans le commerce principalement de l'Océan Indien ou de la Mer Rouge, il est alors possible de la distinguer par la localisation de son origine et aussi par son prix.  Il a également quelques rayons mous en moins aux nageoires dorsale et anale (28,29d et 22-2a contre 29-33d et 23-2a pour l'animal originaire du Pacifique), si vous pouvez toutefois arriver à ce que votre spécimen se tienne tranquille tandis que vous réalisez le comptage.  En fait, la différence perceptible la plus facile est dans les motifs sur la queue; elle est pour le poisson du Pacifique blanc, jaune et gris réunis tandis que Zebrasoma Desjardinii est foncé avec des taches jaunes blanchâtres.

Zebrasoma flavescens (Bennett 1828), le Chirurgien voile jaune, un standard en aquariophilie marine s' il y en a un.  Seules quelques espèces de Demoiselles hantent plus fréquemment les bacs marins que Zebrasoma flavescens.  Le Chirurgien-voile jaune compose la majorité du volume des poissons pêchés à Hawaii, et en fait, ce sont les plus résistants.  Avec leur couleur jaune d'or remarquable, leur nature active, leur pâturage persistant d'algues et leur robustesse, les Chirurgiens-voile jaunes sont d'agréables acquisitions à long terme de l'aquarium récifal.

Zebrasoma gemmatum (Valenciennes 1835), le Chirurgien-voile ponctué ou .... gemmé; une espèce aux noms vernaculaire et scientifique bien appropriés, c'est-à-dire, gemmé; aussi rare, beau et cher qu'une pierre précieuse.  Cet endémique de l'Océan Indien est rarement importé en Occident  et c'est bien dommage.  Il est aussi robuste que n'importe quelle autre espèce de Zebrasoma et c'est un vrai bijou.

 

Zebrasoma rostratum (Gunther 1875), le Chirurgien à rostre.  Limité au Pacifique, îles de la Polynésie, Tuamotus, Société et Pitcairn. Sous beaucoup d'aspects, c'est une version juste plus foncée et à long museau de Zebrasoma scopas ou de Zebrasoma flavescens avec un rostre pouvant atteindre jusqu'à 30 % de la longueur totale du corps.  Comme ces derniers, il s'agit d'un poisson de récif robuste et peu exigeant.

 

(Ci-contre) Zebrasoma scopas (Cuvier 1829), Chirurgien-voile brun, Chirurgien à balai ou encore Chirurgien à robe sombre.  Les spécimens aperçus. l'ont été aussi brillamment jaune que des Z. flavescens   et aussi foncés qu'un Z. rostratum .  Car les juvéniles ils sont notoirement variables en livrée, avec le devant coloré évoluant vers des taches et des lignes  variables foncées. Des croisements occasionnels aux teintes "sales" entre les deux formes bicolores et le Zebrasoma flavescens se sont produites à la frontière de leurs distributions respectives contiguës qui s'étendent largement dans l'Indo-Pacifique.

Zebrasoma xanthurum (Blyth 1852), Acanthure à queue jaune ou pourpre .  Le Zebrasoma xanthurum est capturé en Mer Rouge et dans la partie septentrionale du Golfe d'Aden.  C'est un poisson d'aquarium magnifique, robuste et facilement reconnaissable au corps pourpre bleuâtre et aux nageoires pectorales et caudale jaunes. Un régime approprié est primordial pour maintenir les couleurs somptueuses de ce superbe poisson.

 

Pas d'image

Zebrasoma veliferum (Bloch 1795),  pêché aux Philippines et en Indonésie, cependant mieux s'il provient de Hawaii, de Ceylan et d'autres localisations du Pacifique oriental.  Il doit son nom commun à la voile majestueuse débordant des nageoires dorsale et anale, les rendant particulièrement surdimensionnées d'aspect surtout jeunes.  La plupart des autres espèces de Chirurgiens-voile atteignent environ seize centimètres de longueur dans la nature, cette espèce particulière double cette dimension.


Espèce avec beaucoup de noms et seule dans son genre, tel est le Chirurgien bleu ou Chirurgien à palette, scientifiquement Paracanthurus hepatus (Linnaeus 1766).   Indépendamment de son nom commun, le Paracanthurus hepatus est fortement estimé et employé intensivement dans le hobby aquariophile  et il est si robuste qu'il est devenu un standard dans le commerce industriel.  Les spécimens qui ont été rassemblés, logés, et choisis correctement forment un  excellent cheptel à long terme; cependant, la plupart des problèmes contribuant à leur perte proviennent des méthodes inacceptables de capture, d'une surcharge de stress, d'un manque de nutrition et d'une faible qualité de l'eau . Capturés en grand nombres dans leur aire de répartition Indo-Pacifique, les meilleurs spécimens proviennent de Nouvelle Calédonie, de Kiribati et d'Australie.  Certains  Acanthurus font des spécimens captifs robustes tandis que d'autres ont une histoire triste et fatale en aquarium et une poignée sont toujours trop mal étudiés pour être jugés jusqu'ici.  Des quelques trente-huit espèces de Chirurgiens "Acanthurus" beaucoup sont simplement trop grands et trop malpropres pour les installations récifales typiques.  Le genre offre toutefois un mélange varié allant des plus petites espèces  "faciles" qui demandent à être reconsidérées, à la lumière même du groupe plus large de types trop grands et trop fragiles que les amateurs devraient (mais pas toujours) éviter. Nous présenterons les plus et les minus de ces individus tout en identifiant ces espèces qui sont tout à fait acceptables et susceptibles de faire bonne figure dans les systèmes récifaux captifs :

Nous présenterons d'abord les "bonnes" espèces d'Acanthurus, ceux d'un management acceptable, de taille modeste et ceux restant généralement en vie au delà des durées minimales acceptables:

Acanthurus bahianus (Castelnau 1855), le Chirurgien marron dont l'aire de répartition s'étend largement plus loin que  la côte atlantique occidentale(E-U).  C'est dommage que ce poisson robuste ne soit pas plus souvent disponible dans le commerce.  Il a une beauté profonde pourtant impressionnante.  Bien qu'on ne puisse le qualifier de "magnifique", c'est l'un des Acanthurus les moins agressif, et aussi un poisson s'adaptant facilement aux nourritures d'aquarium. (Pas d'image).

Acanthurus coeruleus (Bloch & Schneider 1801), le Chirurgien bleu de l'Atlantique, n'est cependant pas aussi éblouissant que les deux autres Chirurgiens bleus, - Paracanthurus hepatus  et Acanthurus leucosternon - ce Chirurgien des Caraïbes est malgré tout un ajout valable à l'aquarium récifal.  C'est un représentant d'une poignée d'Acanthurus qui sont globalement de couleur jaune étant jeunes et qui restent assez petits pour les aquariums aux dimensions modestes. 

Des deux images à gauche, au-dessus : Acanthurus coeruleus juvénile brillamment coloré et en-dessous, un exemplaire adulte en coloration normale.

 

Acanthurus dussumieri (Valenciennes 1835), le Chirurgien de Dussumier, peut présenter un grand degré de variation de couleurs.  Certains sont gris terne tandis que d'autres originaires de Hawaii exhibent autour de leur corps un liséré accentué d'un beau pourpre royal .  Ce chirurgien est tout comme le genre Ctenochaetus caractérisé par ses habitudes d' alimentation, tamisant le sable et les détritus en plus du pâturage d'algues.   (Pas d'image).

Acanthurus japonicus (Schmidt 1931), L'Acanthure à joues blanches du Japon ou, autrement dit, le Chirurgien des Philippines;-vendu parfois, à tort, en tant que Chirurgien à bordure dorée, étant confondu avec Acanthurus (glaucopareius) nigricans. Pour bien délimiter l'espèce, le A. japonicus a une tache blanche sous l'oeil beaucoup plus grande que celle du Chirurgien à bordure dorée.  Les Acanthurus (glaucopareius) nigricans se retrouvent des Philippines au Japon et l'espèce est relativement robuste, certains spécimens faisant jusqu'à 20 cm de longueur.

Acanthurus nigrofuscus (Forsskal 1775), l'Acanthure brun.  Cette espèce pouvant être recommandée atteint une taille d'une vingtaine de centimètres et a un comportement paisible envers les autres habitants de l'aquarium.  Ces qualités font de cette espèce, comme dit plus haut, une espèce appréciée en aquariophilie marine.  Nous ne devons pas oublier non plus sa capacité réelle à contrôler les algues; à part cela, et c'est dommage, il s'agit d'un poisson terne comparés aux autres Chirurgiens.

 

Acanthurus sohal (Forsskal 1775), le Sohal ou l'Acanthure zébré ou encore l'Acanthure arabique à raies bleues. Nous lui donnons notre voix pour l'Oscar du meilleur Poisson Chirurgien du genre Acanthurus, bien que certains individus deviennent tout à fait agressifs avec l'âge et la taille.  Aussi longtemps qu'on(les cohabitants) le considère comme le roi du système et qu'il a un espace suffisant pour errer de ci de là , il ne présente guère de problèmes.

 

Acanthurus thompsoni  (Fowler 1923),L'Acanthure de Thompson ou Acanthure à queue blanche.  Le bien nommé, exception faite pourtant pour la population des eaux hawaiiennes qui n'ont pas de blanc à la nageoire caudale.  Bien que n'étant pas particulièrement frappant d'allure, ce poisson est un bon achat et reste modérément petit parmi une famille qui peut largement atteindre 25 cm en aquarium.  Ce poisson est toutefois rarement importé et donc vous ne risquez pas de le rencontrer chez votre revendeur, sauf si...

 

Acanthurus Triostegus  (Linnaeus 1758), l'Acanthure bagnard ou le Manini en hawaiien.  C'est un des meilleurs Acanthurus pour  les aquariums récifaux; remarquable par sa taille, son tempérament facile et ses habitudes alimentaires basées sur les algues filamenteuses. C'est un régal de pouvoir admirer des groupes de ce poisson dans les grands ensembles récifaux.


Le moment est venu de parler des Chirurgiens "Imitateurs", ces espèces d'Acanthurus semblent vouloir se faire passer, par les couleurs, les dessins de robe et le comportement pour d'autres espèces.  Dans ce cas-ci, ils feignent être des Poissons Anges nains du genre Centropyge;  cela présente comme avantage direct et spécifique de réduire la prédation qu'ils subissent ou devraient subir car les Poissons Anges nains sont épineux et éveillés, "qualités" pouvant décourager les antagonistes potentiels.  On peut considérer ces poissons comme bonnes espèces d'aquarium, ils affichent un taux de croissance lent (ils gardent un aspect de juvénile durant des années), leur nature  paisible (à la limite de la timidité) et la promptitude qu'ils mettent à manger des aliments préparés. Ils font donc d'excellents habitants des systèmes récifaux.  Ci-dessous un aperçu de ces espèces du genre Acanthurus:

Acanthurus chronixis (Randall 1960), le Chirurgien imitateur; très semblable au Centropyge vrolikii , avec un l'avant aux deux-tiers argent-gris, le postérieur noir profond, et des points bleus  bien visibles présents sur les nageoires impaires.

 

 

Acanthurus pyroferus,  le Chirurgien Chocolat, fort semblable en tant que juvénile aux Centropyge eibli, Centropyge heraldi ou à Centropyge flavissimus.

Acanthurus tristis (Tickell, 1888), les juvéniles peuvent ressembler à Centropyge eibli

Des imitateurs du Poisson Ange nain Centropyge eibli. qui peuvent être recommandés par leur taille modérée et leur agressivité en dessous de la moyenne.)

Puis, il y a les "mauvaises" espèces d'Acanthurus. 

D'où peut provenir le qualificatif "mauvais" appliqué à une espèce d'Acanthurus, à part le fait qu'elle ne survit que rarement en captivité?  Eh bien, le fait de survivre et d'amener vos autres pensionnaires à trépasser!   Honnêtement, quelques individus des poissons  énumérés ci-dessous peuvent finir par tuer tous leurs cohabitants par l'introduction de maladies ou par pure agression.  Si vous mourrez d'envie (sans calembour aucun) d'essayer ces espèces dans votre système récifal, faites de votre mieux pour empêcher toute introduction de parasites et stockez seulement vos spécimens agressifs d'Acanthurus avec des poissons tout aussi agressifs ...  même alors gardez l'oeil sur les changements pouvant intervenir dans le tempérament de vos pensionnaires, excès d'agressivité par exemple.

Acanthurus achilles (Shaw 1803), le Chirurgien à queue rouge (ou à tache rouge).  Remarquablement exotique par la coloration et impressionnant par l'aspect global.  Cette espèce est largement distribuée à partir d'Hawaii, via la Micronésie et la Mélanésie à l'ouest, avec les meilleurs spécimens provenant du cinquantième état des U.S.A.  Le succès du maintien de cette espèce aux formes bien balancées peut seulement être obtenu en se procurant  un ou des spécimens sains, lui/leur fournissant un grand espace vital  avec une densité spécifique de l'eau consistante et une concentration d'oxygène élevée.

Acanthurus leucosternon (Bennett 1833), le Chirurgien à poitrine blanche. Sans compter qu'il s'agit de porteurs notoires de maladies dues aux  parasites, la plupart des spécimens ne survivent  même pas à la capture et les différentes étapes de transport vers l'Occident. "Mais...", s'exclameront certains d'entre vous, " ceci n'est pas un poisson difficile!  Des amateurs du monde entier sont réputés pour avoir maintenu cette espèce pendant des années!"  Il faut reconnaître qu'il est vrai que certains spécimens sains ayant survécu au stress de la capture et du transport et placés dans des systèmes bien établis dotés d'un bon nombre de roches vivantes de bonne taille couvertes d'algues, vivent à l'occasion pendant des périodes prolongées. Acanthurus lineatus (Linnaeus 1758), l'Acanthure Clown ou le Chirurgien à lignes bleues; assurément attrayant aux amateurs récifaux inexpérimentés.  C'est un "mauvais" poisson car difficile à nourrir et ayant un fort taux de mortalité.  Bien qu'étant une espèce généralement utilisée lorsqu'elle est de petite taille, elle peut devenir une terreur pour ses voisins, l'agressivité augmentant avec la croissance.  Elle atteint jusqu'à 37 cm dans la nature.

Acanthurus (glaucopareius) nigricans (Linnaeus 1758), l'Acanthure gris ou le Chirurgien à bordure dorée. Le nom scientifique corrigé de cette espèce est Acanthurus nigricans (par Randall, 1988).  Révision sans aucun doute aussi impopulaire à certains que de marquer l'espèce du label "mauvais". L' A. japonicus très semblable est un poisson d'aquarium bien meilleur.  Les  A. nigricans survivent rarement plus de quelques semaines en captivité. Acanthurus olivaceus (Bloch & Schneider 1801), le Chirurgien à épaulettes oranges; un poisson robuste nous arrivant de Hawaï et d'ailleurs mais malheureusement une terreur comportementale tout comme A. lineatus.  C'est un poisson
actif qui à l'âge adulte atteint plus de 45 cm.  Il devrait seulement être maintenu dans un aquarium énorme avec des cohabitants sachant lui résister.

 Il y a encore d'autres espèces d'Acanthurus et six espèces de Prionurus.  Toutes deviennent trop grandes, certaines atteignant éventuellement plus de 60 centimètres; leur utilisation par l'aquariophile amateur en devient problématique.

Les seize espèces du genre Naso partagent ensemble les traits d'être des nageurs actifs des biotopes ouverts et d'avoir une propension à devenir GRANDS!  À moins d'avoir un système récifal absolument énorme de plus d'un 1/2 mètre cube , je ne puis vous encourager assez de vous limiter aux espèces qui précèdent.  Nous aborderons maintenant seulement les cinq espèces de Naso principalement disponibles dans le commerce mondial.

Naso brevirostris (Valenciennes 1835), le Naso à rostre court ou licorne.  Les appellations tant scientifique que commune sont erronées.  Les  Naso brevirostris ont un long nez à l'âge adulte et il y a des espèces de Naso avec des museaux beaucoup plus courts; certains Naso brevirostris n'ont même pas de rostre sur la tête. Ce  poisson à la livrée vert grisâtre  est de temps en temps importé de Hawaï et de l'Indo-Pacifique.  Il peut atteindre 60 cm de longueur. Naso lituratus (Forster 1801),Naso à éperons oranges ou Naso à tête de vache; LE Naso pour la plupart des amateurs.  Il y  a des spécialistes qui distinguent les versions "blonde" et  "flammée" comme étant des espèces différentes mais ce sont bien des Naso lituratus.  L'espèce atteindra 45 cm dans la nature et elle est simplement trop cruelle pour la maintenir dans un système trop petit ou trop court en captivité.  La longueur acceptable minimum du bac est de 1,3 mètre.

Naso unicornis (Forsskal 1775), le Naso brun à éperons bleus ou le Poisson-licorne.  Cette espèce développe un rostre d'environ 12 cm de long.  Le corps va de l'olive léger au gris avec des pointillés jaunâtres sur l'abdomen.  Ce poisson atteint plus de 60 cm en liberté.


Sélection.

Le choix se fait en partant du "général" au "détail".

Il y a cinq critères principaux à considérer en jugeant l'acquisition des membres de cette famille :

1) conformation du corps, 

2) taille,

3) couleurs,

4) comportement,

5) temps déjà passé en captivité,

 Et pour les buts de notre évaluation, nous en ajouterons un sixième :

 6) pays d'origine.

  1.  la conformation du corps est un indicateur de forme physique et c'est peut-être le plus prépondérant dans la mesure ce cette dernière car il permet de se rendre exactement compte du degré de malnutrition éventuel.  En choisissant vos spécimens, prêtez une attention spécifique à l'amaigrissement dans la partie supérieure du corps, en particulier le secteur au-dessus et derrière les yeux.  Ce secteur ne devrait pas être rétréci (concave) ni ne devrait apparaître osseux ou montrer une perte de couleur.  D'autre part  l'aspect pincé de l'estomac n'est pas toujours par lui-même un indicateur précis. Jetez un coup d'oeil aux Chirurgiens sauvages présents dans des expositions sur la  nature, feuilletez les livres et (il faut le faire, vous saisissez l'astuce?) suivez attentivement les émissions télévisées parlant de votre passe-temps.  Remarquez comme ces poissons sont robustes et bien gras.   Des poissons souffrant de malnutrition devraient être considérés comme malades et traités en tant que tels car susceptibles d'attraper bien d'autres maladies par suite de ce stress.  Le test alimentaire "acide" s'applique doublement aux Chirurgiens; c'est déjà un bon indicateur s' ils mangent une variété de produits alimentaires au moment où vous envisagez de les acheter.  Finalement, des valeurs comparatives peuvent seulement être certifiées sur la base d'une connaissance réelle et pratique de l'aspect global approprié : la couleur, la conformation et le comportement de spécimens fraîchement capturés; en termes plus simples, il n'y a aucun produit de remplacement à l'expérience au moment du choix. Observez autant de spécimens  que possible et familiarisez-vous avec la conformation corporelle afin de faire des choix judicieux.

  2. Taille : les plus petites espèces n'atteignent habituellement que15 à 20 cm de longueur totale en captivité tandis que les plus grandes peuvent arriver à plus de 60 cm.  Dans des conditions idéales, les grands Acanthuridés atteignent de plus grandes proportions plus rapidement, grandissant de plus de 5 à 7 cm par an.  Si on a le choix à l'achat, ne jamais prendre des spécimens sous les 7 cm ni au-dessus de 12 cm, ces poissons ont une faculté d'acclimatation en sens inverse de leur taille( proportion minimum gardée).

  3.  Les couleurs devraient être intenses et uniformes. Rectifiez par vous même : dans le cas d'un individu soumis à une contrainte stressante ou sortant de l'obscurité, il présentera naturellement un autre aspect;  il ne devrait cependant n'y avoir aucune rougissement, érosion, ou discontinuité de dessin chez les spécimens sains.

  4. Comportement ou allures : la manière d'évoluer du poisson dans le système d'un revendeur est également révélatrice.  Les  Chirurgiens qui ont été capturés, transportés, acclimatés et logés correctement sont vifs et curieux de leur environnement.  Évitez les poissons  se cachant, apathiques et s'isolant des autres individus  dans les coins sombres de l'aquarium de présentation.  Le poisson est-il en activité, curieux, nageant de ci de là en reconnaissant l'environnement?  Ou est-ce le contraire, tout à fait étranger à ce qui se passe autour de lui? L'observateur entraîné discernera le choix idéal parmi les spécimens exposés.

  5. Temps en captivité : depuis combien de temps le fournisseur a-t-il eu le Chirurgien que vous envisagez d'acheter?  Les Acanthuridés sont porteurs de faunes alimentaires étendues (bactéries vivant dans leur estomac). Ces populations de micro-organismes semblent être bénignes ou du moins tolérables à non-pathogène dans la nature.  On n'est pas du tout certain que ce soit le cas en captivité. Une "réservation, avec ou sans acompte" d'une ou deux semaines chez le revendeur doit permettre d'atteindre un certain degré de stabilisation et aidera à  "durcir" votre futur pensionnaire, cela devrait pouvoir s'arranger sans trop d'embarras chez votre fournisseur habituel, c'est le cas aux Etats-Unis.

Dans le cas des Poissons Chirurgiens, il y a un autre facteur essentiel additionnel concernant la sélection :(note de la traduction : n'oubliez pas que cet article est écrit par un citoyen des E.U. et que ce que vous lirez ci-après s'adresse en fait à ses concitoyens, son article n'ayant au départ pas été prévu pour d'autres amateurs que ceux-là)

  1. Achetez local et agissez globalement.  Si vous achetez américain, vous achèterez du bon et du beau (sic) nonobstant toutes inclinations patriotiques.  Pour différentes raisons, les mêmes espèces rassemblées à Hawaï, Guam et autres locations aux Etats-Unis sont généralement en meilleure condition qu'ailleurs.  Vous pouvez imputer cela à toutes sortes d'interventions humaines sur les plans pratique et commercial mais les poissons originaires de ces endroits sont tout simplement en meilleure santé et de bonne qualité, si l'on peut dire en parlant d'êtres vivants.

(Donc pour nous Européens, Africains et Asiatiques, que ceux que j'oublie m'excusent, achetons aussi américain si nous le pouvons et là sans aucune inclination.)

Distribution et Environnement.

Les Poissons Chirurgiens, considérés en tant que famille, sont circumtropicaux, tous marins et ils hantent les récifs.  La plupart du temps ils sont pélagiques bien que certains soient océaniques.  Ce sont des espèces majoritairement d'eaux peu profondes dans lesquelles ils peuvent descendre jusqu'à une trentaine de mètres sur les récifs rocheux et coralliens du monde entier, dans leur aire de distribution évidemment.  La plupart habitent le Pacifique occidental, seulement neuf espèces vivent dans l'Océan Atlantique et quatre dans l'Océan Pacifique oriental. 

Considérant l'habitat, les espèces océaniques comme les Naso exigent des quantités très grandes d'espace en captivité si on veut qu'elles soient véritablement heureuses. Même les Chirurgiens jaunes et bleus à queue jaune ne prospéreront que dans des aquariums dont le volume minimum par poisson de l'espèce est de 50 litres au minimum et encore lorsqu'ils sont jeunes.  Si nous voulons passer pour des amateurs d'aquariophilie récifale consciencieux et surtout si nous voulons l'être, nous devrions tenir compte du volume que nous allouerons à nos poissons.

Une considération importante au sujet de l'environnement chimique, physique et social de ces poissons impose de maintenir ces composants et facteurs optimisés et constants!  De nombreux auteurs citent la perte de poissons en présence de modifications intervenues sur ces paramètres.  Comme exemple, je voudrais offrir l'inclusion accidentelle(mea culpa) d'une maladie environnementale ayant affecté mes Chirurgiens "Achilles".   Beaucoup de systèmes ne comportant que des poissons voient la densité spécifique de leur eau manipulée pour devenir inférieure à celle de l'océan et ce pour des raisons valables : épargner de l'argent, prévenir les épidémies et augmenter la solubilité des gaz par exemple.  Les Acanthurus achilles n'apprécient pas cela.  Gardez la salinité de leur eau proche de celle de l'océan et surtout homéostatique.  Le pH devrait de même être maintenu entre 8,0 et 8,4 et la température pour tous, sauf les espèces des Caraïbes, devrait demeurer entre 21 et 27° C.

En outre, gardez les niveaux de substances organiques au plus bas, inexistants même, par une  filtration vigoureuse et un écumage tout aussi puissant;, surtout pas de surpopulation et soyez attentifs aux changements partiels et fréquents de l'eau.  Beaucoup, si pas la plupart, des Chirurgiens sont des détritivores déclarés, broutant d'une façon incessante des matériaux biologique et minéral importants des roches et sédiments.  Par conséquent et paradoxalement, il convient de ne pas être trop méticuleux dans l'entretien de votre système quoique les biotopes récifaux bien établis  avec un bon nombre de pierres vivantes est la solution idéale pour tous les Poissons Chirurgiens.

Cette famille requiert absolument des niveaux d'oxygène proches de la saturation Une saturation basse est immédiatement visible aux couleurs arborées par les Chirurgiens et est aussi trahie par leur comportement.  Ils halèteront et se poseront sur le fond et présenteront des mouvements d'ouies rapides diminuant jusqu'à devenir imperceptibles.

Comportement, caractéristiques et compatibilité.

La territorialité peut parfois, souvent même, poser problème concernant :

 1) similarité des tailles des poissons

3) taille du système

5) ordre d'introduction dans le système

 2) relations entre espèces différentes

4) nombre et autres poissons dans le système

6)  individualité et personnalité

 N'introduire qu'un seul Chirurgien par système est évidemment un pari que vous ne pouvez perdre.  Il est rare que l'introduction d'espèces en forme de disque comme les Z. flavescens, les Bagnards ou les Chirurgiens bruns Faites très rarement plus d'espèce formée par disque telle que des jaunes, condamne, ou les bruns forme un mélange réussi et pacifique dans un système réduit.  Les espèces plus grandes du genre Acanthurus devraient être considérées comme poissons dominants du système. (Note de la traduction avec la permission de l'auteur : j'ai personnellement suivi les conseils de mon revendeur et j'ai introduit en même temps : Z. flavescens, Z. veliferum et Ctenochaetus strigosus dans mon bac de 300 litres et à part quelques algarades des plus minimes, je n'ai depuis leur introduction, voici un an, jamais eu de problèmes, au contraire, ils nagent et broutent de concert, à croire qu'ils sont cousins(en fait, c'est le cas)).

Exception faite de l'alimentation, le peuplement du système par plusieurs poissons d'une même espèce (ou parfois d'espèces mélangées) est valable pour celles aimant vivre en banc.  En effet, un petit groupe nageant  dans un système très grand (plus de 500 litres) a une apparence spectaculaire.  Il est cependant à noter que même les espèces grégaires en liberté comme les Bagnards, Naso et Z. flavescens se portent bien en tant que spécimen unique par système..

Il y a pourtant des exceptions aux comportements "facile à vivre" en tant qu'individus et espèce. Quelques Chirurgiens orientaux sont connus pour être particulièrement méchants envers des poissons de leur propre espèce introduits par après, sachez donc qu'il existe quelques exceptions générales et spécifiques.  Quant à l' utilisation de ces espèces dans des systèmes récifaux, elles n'attaquent généralement pas les invertébrés et s'avèrent presque toujours utiles pour le contrôle des algues.

Avant d'introduire et d'acclimater un Chirurgien à son nouvel environnement, il faudra le capturer.  Il faudra faire spécialement attention lors de sa capture par épuisette chez le revendeur, avant toute chose soupesez la meilleure méthode à utiliser.  Les Chirurgiens sont de puissants nageurs et ils ne montreront aucun remords à vous blesser au moyen de leurs "scalpels".  Considérez la maille de vos filets car les Chirurgiens s'emberlificotent aisément. Employez deux filets, guidez-les et avec l'un et capturez les avec l'autre. Prêtez en outre l'attention aux rayons traîtres des nageoires dorsale et anale; ils sont pointus et risquent de déchirer la peau de votre spécimen s'ils sont pris dans les mailles de l'épuisette. Quelques Chirurgiens comme les bleus à queue jaune ont une propension à se loger dans le corail, entre les roches et tout autre décor. N'essayez pas de les déloger de leur abri protecteur!  Si vous tenez absolument à acheter le spécimen, vous devrez acheter et transporter le décor avec les poissons(!), attendez qu'il sorte ou procurez-vous simplement un autre spécimen.  Essayer de le déloger ajoutera à son stress et pourra également causer des dommages dont l'animal risque de souffrir par après.  Et si cela n'était pas assez impliqué, sachez que certaines espèces sont connues pour être venimeuses!  Vous saisissez?  Manipulez-les soigneusement.

Si  possible, dans tous les cas, n'introduisez votre ou vos Chirurgien(s) qu'en dernier lieu (comme dernière acquisition).  Ceci facilitera les relations en réduisant les antagonismes car vos autres poissons auront déjà jalonné leur territoire.

Une attention toute particulière devrait être accordée aux rapports prédateur/proies qui existeront dans les environnements captifs.  Ceci vaut, non seulement pour les systèmes où sont logés des Chirurgiens mais pour n'importe quel environnement récifal captif.  Il y a beaucoup de grands poissons prédateurs sur le récif qui attaquent naturellement les Chirurgiens dans les océans.  Il y a même des pays où les gens utilisent de petits Acanthuridés comme esches dans leur pêches!  Gardez vos Chirurgiens avec des poissons ne disposant que de petites bouches et/ou d'un appétit ne dépassant pas le diamètre de ceux-ci.

Ce serait impardonnable de ma part de ne pas mentionner maintenant que la chair de diverses espèces d'Acanthuridés, à certains moments, sont connues pour contenir des quantités mortelles de ciquatoxine et donc de s'avérer toxique pour l'homme, et probablement d'autres poissons, alors... n'en faites pas votre plat de résistance!

Aliments, nourriture et nutrition.

Avez-vous déjà essayé de vivre en ne mangeant que de la laitue et de la salade "Iceberg"(légume très apprécié aux E.U.)?  Pas très satisfaisant ou nutritif.  En utilisant d'autres légumes verts mangés par l'homme, comme les pois, le chou frisé, le gombo, les épinards et plus encore, les  ichtyologistes  ont essayé de varier ou d'augmenter le régime des Poissons Chirurgiens.  Beaucoup de ces légumes contiennent trop d'acide oxalique et tous ont trop peu de valeur nutritive.  Dans la nature les différentes espèces de Chirurgiens mangent et digèrent de différents mélanges d' algues et de leur faune interstitielle.  Pratiquement, vous pouvez et devriez atteindre des options identiques. Quelques suggestions:  dirigez vos pas vers les rayons exotiques orientaux de votre supermarché ou votre magasin local de spécialités orientales et essayez leurs assortiments d'algues fraîches, préparées et sèches.  Expérimentez en outre les préparations "vertes" commerciales et essayez de composer une pâte à base d'algues "maison".  Il y a quelques ingrédients possibles énumérés ci-après.  Si l'espace, le temps et le budget l'autorisent, récoltez vos propres algues ou achetez-les dans un magasin spécialisé:  Ulva et Caulerpa, des rhodophytes (algues rouges), et des phéophycées(algues brunes); marines, elles resteront fraîches dans votre système jusqu'à leur disparition dans l'estomac de vos protégés".  A l'occasion, achetez-vous une pierre vivante avec des micro et macro-organismes, ces derniers prospéreront longtemps dans votre aquarium et rendront ses habitants heureux.  Les très jeunes Chirurgiens  sont des planctonivores et la plupart des adultes consommeront un minimum de crevettes et d'euphausiacés mais ne s'en nourriront pas indéfiniment.  Quoi que vous offriez, faites-le souvent.  Investissez votre argent dans l'achat d'un petit appareil de nourrissage actionné par batterie, chargez-le avec un mélange approprié de nourritures sèches et ajustez le au nombre maximum d' alimentations.  Durant leur sommeil excepté, les Chirurgiens sont constamment en vagabondage de razzia.  Ne vous alarmez pas si un nouveau spécimen ou même un ancien pensionnaire cesse de manger pendant un certain temps.  Il y a des records de grèves de faim parmi les Chirurgiens qui ont duré plusieurs semaines sans qu'on n'enregistre de perte.

REPRODUCTION ET DIMORPHISME SEXUEL.

Jusqu'ici les Acanthuridés n'ont pas frayé et n'ont donc pas été élevés en captivité.  Aucun grand dimorphisme ou dichromatisme (différence  structurale ou de couleur) sexuel n'a été décrit pour n'importe quelle espèce.  Les diverses espèces ont été aperçues en groupes et en paires durant les cycles lunaires, fonçant ensuite en couple tels des flèches vers la surface de l'océan en libérant des gamètes flottants.

Maladies.

Les Poissons Chirurgiens ne reçoivent souvent pas assez d'attention au sujet de leur hyper sensibilisation présupposée aux parasites protozoaires Cryptocaryon et Amyloodinium d'eau de mer.  La vérité veut que la plupart des poissons marins nous venant directement des océans transportent typiquement une certaine "charge" parasite interne et externe.  Ces infestations peuvent être déclenchées ou aggravées par le processus stressant de la capture et du transport.

Je m'en voudrais de ne pas mentionner ma thèse universitaire sur un ver plat "parasite vivant à l'état libre" et généralement trouvé sur des Chirurgiens jaunes non traités préventivement.  Cet animal grand comme une tête d'épingle, brun noirâtre, n'est pas dangereux en soi, sauf qu'il amène fréquemment l'amateur à paniquer, agir à tort et à travers en arrivant à tuer toute vie dans son aquarium par des traitements inadaptés.  La prise en charge effective de ce problème et de la plupart des autres infestations et infections par ectoparasites traitables implique les prophylaxies mentionnées ci-dessus par le cuivre et des bains préventifs d'eau douce.  L'utilisation facultative de nettoyeurs biologiques (poissons, crevettes) est également recommandée.

Nous insistons sur le fait d'éviter tous les spécimens présentant des symptômes hémorragiques, généralement indicatifs du vibrion ou de toute autre infection bactérienne.  Ces poissons sont des morts en sursis.  Il est très rare de rencontrer ou d'avoir connu des traitements efficaces.

Les dérangements d'ordre alimentaire chez les Chirurgiens sont si communément une cause de perte que nous les mentionnerons ici comme une maladie qui devrait être évitée, et peut  être traitée.  Beaucoup de travail de recherche a démontré que l'insuffisance de vitamine C est une cause ou une cause complémentaire dans la perte de couleur et de l'érosion de la ligne latérale. La rémission peut être obtenue par l'alimentation ou l'addition passagère de cette vitamine.

Pour en terminer.

Les Poissons Chirurgiens couvrent la gamme entière de l'utilité et de l'adaptabilité dans les systèmes récifaux et généraux captifs.  Certains sont relativement robustes et faciles à vivre en termes de comportement et de compatibilité.  D'autres se sont avérés difficiles pour le commun des aquariophiles sauf pour  les amateurs les plus attentifs disposant de grands systèmes optimisés.  La réussite dans leur détention est consécutive au choix réussi, à une capture correctement effectuée et à un transport raisonnable et attentif.  Réussite aussi par la fourniture d'eau vieille, fortement  aérée et en mouvement, un espace proportionné à leur taille et la fourniture constante de nourritures appropriées, principalement vertes, idéalement broutée sur les pierres vivantes.  Les espèces décrites ici pour le contrôle des algues dans les systèmes récifaux sont le summum du genre.